à propos

GRÉGORY PUECH/PSICO

Né en 1985 à Montpellier, Grégory Puech, allias PSICO, est un véritable passioné d’Art et de création. Graphiste de métier, il pratique la peinture en autodidacte depuis maintenant plus de 15 ans. Street-art, customisation d’objet, peinture sur toile, peinture numérique … peu importe le support, il a toujours quelque chose à dire, à penser, à colorer…

// expositions - exhibitions

« Collection diverse »/ Espace Berthelot – Lyon 2020

« Collection diverse » / Domaine de La Tour – Nébian 2016

« Collection diverse » / Chapelle St Jacques & Mairie – Le Pouget 2015

« Skull » / Skate-shop « Streetmarket » – Sète 2014

« Société de Consummation » / Chapelle des Pénitents – Aniane 2013

« Time Love & Roses » / Restaurant « La Kitchenette » – Montpellier 2012

« La Ville » / / Ecole d’architecture – Montpellier 2005

// INTERVENTIONS ARTISTIQUES/ARTISTIC INTERVENTION

Performance Graffiti / Festival street-art « Street-Circuit » – Venelles – 2021

Performance Graffiti / Commande Municipale « Octopuce » – Roujan – 2020

Performance Graffiti / Festival street-art « Street-Circuit » – Venelles – 2020

Performance Graffiti / Domaine de la Conseillère festival « les Divergentes » – Montagnac – 2018

Performance Graffiti / Festival « l’art déboite » – Béziers – 2018

Performance Graffiti et habillage du rayon streetart / Magasin Cultura Nîmes – 2018

Performance Graffiti / Anniversaire magasin Cultura Saint-Aunés – 2016

Performance Graffiti / exposition / Route Paul Ricard – Bol d’Or- Cujes les Pins – 2015

Performance Graffiti / Magasin Cultura St-Aunés et Aubagnes – 2014/2015

Performance graffiti et maquilllage /« Polychromie » Spectacle de danse moderne – Gignac 2015

// marché d'art

« Animation Galaxy » / Nîmes – 2017

« L’étangd’Art » / Etang de Bages – 2015

« Les Puces d’Art 2015 » / Salasc, lac du Salagou – 2015-2016

// divers

Partenariat avec la brasserie Otto – Création de 24 visuels pour une gamme limitée.

Partenariat avec Posca France – Création d’un encart pub/stop rayon – 2021/22

Partenariat avec Posca France – Création d’une malette de 20 feutres personnalisée – 2018

Création de marque Streetwear « P&P WEARZ » – 2014

Finaliste concours europeen « Design by Fire » briquets Bic – 2013

Finaliste concours festival street-art « Vibrations Urbaines » – Peissac – 2013

qui se cache derrière psico ?

// QUELLE EST L’ORIGINE DE TON NOM ?

Ce pseudo est à la base le surnom qu’un de mes meilleurs amis m’a donné au collège. Il vient de « psicoté » que l’on pourrait traduire en argot par « psychopathe » … Je n’en suis évidement pas un, mais j’avoue avoir un côté un peu dingo, lunatique et impulsif. J’ai depuis ce temps adopté et validé ce blase, car au final il colle plutôt bien au personnage, à mes oeuvres, et fait un nom de marque assez sympa et original.

// PEUX-TU NOUS PARLER DE TON PARCOURS ARTISTIQUE ?

Fils de professeur de piano et petit fils de peintre aquarelliste, j’ai toujours été bercé dans une ambiance artistique, je veux dire par là que l’Art n’était pas juste relégué au simple rang d’amusement, il avait une réelle place, une réelle importance.

Après plus de 10 ans d’apprentissage du piano, j’ai choisi, au lycée, de me familiariser encore un peu plus avec l’univers créatif en passant un bac Littéraire option histoire de l’art et musique. Cela m’a permis, dans un premier temps, d’appréhender puis de comprendre l’Art et les artistes, leurs origines, leurs finalités, leurs variantes… Étudier l’architecture organique, la musique de chambre ou encore le mouvement fauve m’a permis de prendre conscience que tous les arts étaient liés, que tout se correspondait et se complétait.

J’ai, par la suite, fait un court séjour en faculté de lettre, section arts-plastiques, mais je me suis vite rendu compte que la méthode de travail ne me correspondait pas vraiment. Après cette expérience, j’ai opté pour un CAP cuisine… Étonnant? Pas tant que ça! Pour moi, la cuisine est aussi un art, au même titre que la peinture ou la sculpture : Choix des matériaux, réflexion, décoration, innovation… bref, création.

Quelques années plus tard, à 24 ans, voulant me rapprocher du monde professionnel, j’ai décidé de passer un BTS en communication visuelle, option édition et publicité. Le but étant aussi de m’ouvrir à l’univers et aux divers outils du graphisme. J’ai ainsi pu étudier les règles de typographie, de mise en page, la méthode permettant de véhiculer un message par le simple choix d’une couleur ou d’une typo… de là sont nés mes amours pour le symbolisme et la création graphique. Je travaille actuellement en tant que graphiste au sein du groupe MCC LABEL, spécialisé ( pour ce qui est de l’antenne française), dans la création d’étiquettes de vins et de liqueurs.

// COMMENT DÉCRIRAIS-TU TON STYLE ?

L’essentiel de mon travail s’apparente fortement à du graphisme, où je laisse très peu de place à l’aléatoire. Le fait de travailler dans ce milieu a totalement changé mon coup de crayon, un trait qui se rapproche de plus en plus d’un rendu vectoriel qu’à du rough (qui se traduit par une ébauche ou une esquisse). Même si je m’amuse à tester de temps en temps de nouveaux axes de création, de nouveaux concepts, de nouvelles techniques, il est vrai que la couleur et la rigueur jouent un rôle primordial dans mon travail.

Étant atteint de daltonisme à un niveau assez élevé, je me suis inventé ma propre méthode de colorisation. Ce ne sera pas tant dans l’utilisation ou le choix des couleurs elles mêmes, mais dans le contraste et les complémentarités que l’on peut créer ou mettre en avant entre celles-ci. Ainsi les idées reçues d’associations maladroites se voient balayées par un résultat plutôt dynamique et inattendu qui fonctionne (ou pas) … Étant donné que je ne distingue pas vraiment les différentes nuances, je me demanderai toujours ce que le spectateur voit, comment il ressent et perçoit ces mélanges et ses avalanches de couleurs. Le fait que je travaille en majorité avec le même matériaux depuis des années (environ 15 ans), les feutres de la marque Posca© (feutres à la peinture à l’eau), me pousse à rester dans ce rendu de saturation, de couleurs vives et fluo.

Je m’intéresse aussi beaucoup au concept de superposition, notamment avec la série « GÉOMÉTRICOLOR », où je viens différencier plusieurs couches de motifs/objets juste par la couleur . ( http://www.psico.fr/?project=captain-amer )

Être daltonien est donc, de mon point de vue, plutôt avantageux car cela me fait sortir des sentiers battus et cela apporte une réponse différente de celle qu’apportent les autres artistes. Cela constitue néanmoins certains inconvénients, comme l’impossibilité pour moi de travailler l’aquarelle, le réalisme, notamment le portrait, ou encore de reprendre une œuvre en cours plusieurs mois ou semaines plus tard, car je suis bien incapable de trouver ou de reproduire une couleur simplement de visu.

// PEUX-TU NOUS PARLER DE TA DÉMARCHE ARTISTIQUE ?

Ce qui me paraît le plus important dans la création, c’est de se faire plaisir, de se lâcher, de tester de nouveaux matériaux, de nouveaux styles, de faire découvrir mais aussi de se découvrir soi-même.

Ma démarche est très personnelle puisque je me laisse guider par l’envie du moment, que cela soit au niveau de la gamme de couleur, du support en encore du sujet choisit. On pourrait pratiquement parler de « création inconsciente », car les choix que je fais s’imposent quasiment d’eux mêmes, comme si j’avais la sensation de devoir le faire.

Je ne me considère pas comme un artiste engagé politiquement car je ne suis tout simplement pas engagé politiquement. Je vais plutôt essayer de véhiculer un message, une sensation, une idée, à travers une esthétique, devenue au fil des années, très personnelle.

Depuis mes tout débuts, j’aime prendre mon temps, m’appliquer et m’acharner sur les détails, en essayant au maximum de bannir : règles, mesures et autres compas, afin d’habituer mon cerveau, mes yeux et mes mains à appréhender les distances, la symétrie et les défauts de proportions par eux même. Un travail, qui, au fil des années porte ses fruits !

Je travaille, en général, en rotation sur 2 ou 3 œuvres/supports simultanément. Cette alternance me permet de prendre du temps et du recul. Une notion qui a mon sens a son importance, car il me semble être difficile d’être critique envers soi même lorsque l’on a le nez «posé sur un projet», cela s’applique aussi à la vie en général.

// QUELS ARTISTES ET/OU DISCIPLINES ARTISTIQUES T’INSPIRENT, TE POUSSENT-ILS À ALLER TOUJOURS PLUS LOIN DANS TA CRÉATION/RECHERCHE ARTISTIQUE ?

« Je ne m’inspire de rien en particuliers mais plutôt d’un savant mélange de tout ». Au fil du temps, j’ai remarqué que le simple fait d’observer, de déchiffrer une image, une musique, un graff, une photo… permettait d’assimiler inconsciemment de nouvelles données dans le processus de réflexion et de création.

« Ne surtout pas avoir de préjugés, être ouvert à tout », c’est l’un des premiers conseils que l’on nous donne en école de graphisme : savoir être curieux et polyvalent. Ainsi, tout en observant, en saluant et en appréciant le travail des artistes contemporains et passés, j’essaie de créer mon propre univers le plus indépendamment possible, car il me semble primordial, dans le cheminement de son travail, de prendre ses propres risques, de mettre en avant ses propres partis pris, ses propres messages.

Pour moi, la création a aussi, et surtout, une valeur thérapeutique, elle est un questionnement personnel incessant et évolutif, donc elle ne peut et ne doit pas être copié. Parmi mes centres d’intérêts et les influences les plus importantes on retrouve : l’univers du tatouage et sa sémiologie, le style expressionniste allemand très cru et imagé de Max Beckmann, l’art primitif africain et ses masques divins, la symbolique des couleurs et des animaux ou encore le graffiti contemporain avec des artistes comme Mr. Wany, Monsieur Qui, Gutter, Farid Ruera, Sturnoart… Je suis aussi très porté sur les croyances et légendes populaires, les déesses et divinités de toutes origines et époques confondues, car elles représentent bien souvent les parts les plus sombres de l’Humanité.

// TOILES – GRAFFITIS…PEUX-TU NOUS PARLER DE CES 2 DIFFÉRENTS TYPES DE CRÉATIONS ?

Il y en premier lieu une différence de finalité entre ces 2 supports :

Le travail sur toile va permettre de prendre beaucoup plus de temps quant à la réalisation et à la finition. Ce support permet aussi de pouvoir garder, vendre ou exposer son travail sur du plus long terme. Ainsi, au vu de mon style et de ma technique, ce support reste à ce jour celui que j’utilise le plus, avec une petite préférence pour les chassis 3D ( à bords larges ) qui apportent une dimension d’ « objet » à la toile.

Le « graffiti » , ou street-art, permet quant à lui de travailler de plus grands formats, en beaucoup moins de temps. La réalisation d‘une peinture murale me prendra, en effet, maximum 3 jours, alors qu’une toile peut me durer plus d’un an. Il y a aussi cette notion de liberté de mouvement et d’espace que je retrouve difficilement sur une toile, simple question de format. Enfin, le côté « collectif et récréatif » est aussi à prendre en compte, car le graffiti se pratique souvent à plusieurs, ainsi passer une journée à peindre et rire avec des amis passionnés vaut souvent bien plus qu’une journée en mode autiste dans l’atelier.

Pour résumer, l’alternance des supports apporte ou enlève toujours quelque chose, le travail n’est pas le même, mais le plaisir est toujours aussi présent.